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lisé c importan

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Les affaires de viol sont de plus en plus nombreuses à faire la une des journaux (affaires d'Albi, de Roubaix et d'Argenteuil) ; des viols collectifs où des jeunes filles sont violées de façon répétée, voire séquestrées et prostituées, sont banalisés sous le terme anodin de tournantes. Cependant le voyeurisme sensationnaliste et racoleur des médias ne doit pas faire illusion : le viol reste encore un crime largement impuni en France : la société refuse de voir la banalité de ce crime contre les femmes et fait tomber un voile de silence sur la souffrance des victimes.

1 femme sur 5 révèle avoir été victime de viol, tentative de viol ou agression sexuelle au cours de sa vie (1). Il y a donc dans votre entourage des femmes qui ont été ou seront victimes de viol.

Par ailleurs, les conséquences du viol sur les victimes (cauchemars, peurs, dépression, suicide, haine de soi, etc.) sont graves et durables et elles s'apparentent à celles de la torture.

La torture a été condamnée comme crime contre l'humanité mais environ 48 000 viols sont commis en France chaque année dans l'indifférence générale (dont environ 40% sur des mineurs). Seul 1 viol sur 10 aboutit à une condamnation (2). Encore faut-il souligner que ces condamnations sont très inférieures à celles prévues par la loi : certes, sur le papier, le viol est puni de 15 ans de réclusion criminelle mais en fait 3 affaires de viol sur 4 sont déqualifiées en agression sexuelle et passent en correctionnelle, où la peine de prison prononcée est en moyenne de 2 ans et 6 mois (3). Souvent les accusés bénéficient d'un sursis et sortent libres du tribunal, et des affaires récentes semblent indiquer que ce laxisme judiciaire s'accentue. Pourquoi la société tolère-t-elle ces actes de barbarie contre les femmes alors qu'elle condamne la torture ?

Deux exemples parmi d'autres :

- cas 29 : femme de 30 ans, a déposé une main-courante pour violences contre son amant, déjà condamné pour attentat à la pudeur. Il rentre par effraction chez elle, lui introduit une fourchette dans le vagin, une cuillère dans l'anus. Evanouie et hospitalisée, la femme a 15 jours d'interruption totale de travail. L'agresseur reconnaît le viol ; le procureur voit dans cette affaire un épisode d'une « liaison orageuse entre un homme et une femme »--sic--et déqualifie le viol en agression sexuelle. 30 mois fermes + 20 mois avec sursis.

- cas 19 : viol d'une jeune fille de 13 ans entraînée dans une cave par un homme pendant qu'un autre surveille. Fellation pour les deux, pénétration vaginale, les expertises trouvent des traces de sperme sur son pull. 5 mois ferme + 5 mois avec sursis pour le principal agresseur, 5 mois avec sursis pour son complice (3).

Les statistiques judiciaires font apparaître que la loi est plus sévère pour un braqueur de banques et qu'un voleur de voitures a plus de chances d'être arrêté et jugé qu'un violeur. Le viol reste un des crimes les plus impunis et on peut dire qu'il bénéficie encore de la la part de la société d'une tolérance de fait.

Combien de temps encore les femmes doivent-elles se résigner et vivre dans la peur ?
Combien de temps encore les femmes doivent-elles s'entendre dire qu'elles l'ont bien cherché ?
Quand n'apprendra-t'on plus qu'un violeur arrêté par la police était un multirécidiviste ?
Pourquoi les procès pour viol deviennent-ils souvent le procès de la victime (à qui on fait subir de multiples enquêtes et expertises où sa vie et sa personnalité sont passées au crible pour discréditer son témoignage) alors que tout est fait pour trouver des circonstances atténuantes à l'agresseur ?

Nous demandons justice pour toutes les femmes, victimes potentielles de ce terrorisme sexuel qu'est le viol. Nous en avons assez d'être traitées avec légèreté ou mépris lorsque nous osons nous élever contre cette atteinte quotidienne à notre dignité et à notre sécurité.

Nous demandons une stricte application de la loi pour les violeurs et les agresseurs. Les lois existent ; nous exigeons qu'elles soient appliquées.
# Posté le vendredi 13 avril 2007 14:29

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